Calamity Dati : dernier scandale avant inventaire

Publié le par Le Veilleur

Si ce ne sont pas là des dents à rayer le parquet ! Elle l’a quitté, justement, le parquet : Rachida Dati a été punie du Parlement européen, mais elle entend bien rebondir le plus vite possible. Alors la voilà qui, au moment d’abandonner la Chancellerie, commet un ultime "coup d’éclat" à sa façon, révélé par Europe 1 le 18 juin dernier : "102 pages au total, distribuées à plusieurs milliers d’exemplaires. Rachida Dati, qui s’apprête à quitter la place Vendôme pour faire son entrée au Parlement européen, a fait publier une brochure vantant son bilan. Aux frais du ministère de la Justice. Ni l’Elysée, ni Matignon, ni même son service de presse n’ont visiblement été informés de la préparation de ce document. Photo de la ministre en première page, il recense tous les objectifs atteints par Rachida Dati. Il a été transmis aux journalistes, mais aussi aux députés et aux chefs de juridictions." Le Post apporte des précisions supplémentaires : " Combien d’exemplaires ont-ils été tirés ? " À 2 000 ou 3 000 ", selon l’entourage de la ministre. "À 7 000", selon Le Figaro, qui précise que "1 000 autres seraient en cours de réimpression".


Le NouvelObs.com

consacre lui aussi un article à l’affaire. Sous le titre pompeux de la brochure (voir ci-contre), un éloge sans nuance du bilan de l’ex Garde des sceaux : "On peut lire que la justice pénale des mineurs avait été réformée de manière à aboutir à "un texte enfin plus clair". La minorité pénale - c’est-à-dire l’âge en dessous duquel on échappe à la justice pénale – a été fixé à 13 ans avec toutefois quelques restrictions qui ne sont pas mentionnées et que l’Unicef avait dénoncées. De même, de nombreux chiffres émaillent le chapitre relatif aux peines planchers, ces peines minimum pour les juges qui visent à lutter contre la récidive. Mais, étonnamment, pas une ligne sur la conséquence de cette mesure sur la population carcérale. D’ailleurs, si une partie du volume est consacrée à la prison (notamment à travers les exemples du contrôleur général des lieux de privation de liberté ou la prévention des suicides), à aucun moment les chiffres de la population en prison ne sont cités.

 Donc, pour rappel, au 1er mars 2009, 62.700 personnes étaient incarcérées pour une capacité de 52.535 places. Un record de surpopulation a même été battu à l’été 2008. Contactée par
NouvelObs.com, l’Union syndicale des magistrats note également que Rachida Dati met en avant des réformes qui n’ont pas encore été votées comme la réécriture du Code pénal et du code de procédure pénale ou le projet de loi pénitentiaire qui n’est qu’au stade de la "présentation", note l’USM dans un contre-bilan de l’action de la garde des Sceaux." On se doute que les réactions syndicales ne sont pas tendres : "Le livret sonne donc davantage comme "une opération de communication personnelle", explique Emmanuelle Perreux, présidente du Syndicat de la magistrature, interrogée par NouvelObs.com. C’est "consternant mais pas étonnant", renchérit le président de l’USM, Christophe Régnard. La conclusion du livre fait d’ailleurs grincer les dents des syndicats. On peut en effet lire : "La ministre, dès son entrée en fonction, a décidé d’aller à la rencontre des élus, des professionnels du droit et de la justice, des experts, des représentants du monde associatif… Le dialogue et la concertation n’ont jamais fait défaut". "Si Mme Dati y croit elle-même, très bien", commente Christophe Régnard avant d’ajouter : "On peut dire que tout va bien, mais la réalité du terrain est très différente". C’est "une contre-vérité" pour Emmanuelle Perreux qui cite l’exemple de la réforme de la carte judiciaire : "Rachida Dati n’a réuni qu’une seule fois le comité consultatif qu’elle avait créé". D’autant que la fin du mandat de Rachida Dati est notamment marquée par la plainte contre elle de l’USM pour "injure contre un corps constitué".

Quelle est la justification de l’opération, selon le ministère de la Justice ? "C’était l’occasion de dire ’voilà le bilan’ après deux ans d’un éventail très large de réformes" Mais pour quoi faire, bon sang ? Au-delà des milliers d’euros qu’a coûté la réalisation de la brochure - on ne saura pas au juste combien, la Chancellerie refusant de répondre, autre scandale ! -, c’est le principe qui compte : comment ose-t-elle ainsi instrumentaliser les moyens du ministère au profit de sa communication personnelle, avec ce fascicule entièrement à sa gloire ? Emmanuelle Perreux s’insurge que cette "opération pour vanter les mérites de Mme Dati est payée par le contribuable sur les moyens du ministère alors que d’autres dépenses sont bien plus prioritaires". Finalement, Calamity Dati "réussit" une sortie à l’image parfaite de son personnage : tout en clinquant et paillettes, témoignage du culte indécent qu’elle se voue à elle-même. Jusqu’au bout, son passage au ministère aura été révélateur de sa nature profonde : autoritaire, incompétente et d’un narcissisme obscène.

Source Agoravox.fr

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