Malgré la polémique, l'Elysée ne changera rien sur les sondages

Publié le par Le Veilleur

La Cour des comptes s'est étonnée jeudi d'un contrat entre l'Elysée et un cabinet chargé de commander des sondages à l'institut OpinionWay. Ces enquêtes, payées par l'Elysée, se retrouvaient régulièrement publiées également dans les medias. Le "Château" aurait donc pu consulter les résultats gratuitement.


L'Elysée n'entend pas changer de politique et refuse une enquête concernant ses commandes de sondages critiquées par la Cour des comptes parce qu'ils coûtent chers et sont publiés pour beaucoup dans la presse où on peut les lire gratuitement.


Invité dimanche d'Europe 1, le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant a expliqué qu'il s'agissait d'une coïncidence à laquelle la présidence ne pouvait rien.


"On commande des sondages, si des journaux veulent acheter les mêmes, nous on n'y peut rien. Ce qui nous intéresse, c'est de voir ce qu'il y a derrière, les analyses fines", a-t-il dit.


La député socialiste Delphine Batho a aussitôt qualifié "d'histoire racontée aux petits enfants" cette version des faits et annoncé qu'elle proposera mardi au groupe socialiste de solliciter une commission d'enquête sur le sujet.


Claude Guéant a rejeté l'idée d'une telle enquête, que réclame aussi le Modem. "Il n'y a absolument aucune nécessité", a-t-il dit. Il a laissé entendre que l'Elysée continuerait à rémunérer OpinionWay, l'institut au centre de l'affaire.


La Cour des comptes a fait part jeudi de ses interrogations sur un contrat d'une page signé en juin 2007 pour 1,5 million d'euros par an entre la présidence et un mystérieux cabinet d'études, lui-même chargé de commander des sondages à OpinionWay.


La présidence a ainsi payé en 2008 pour un "Politoscope" 392 288 euros alors que cette enquête a été publiée par LCI et Le Figaro et pouvait donc être connue gratuitement. Au total, 15 enquêtes payées sur fonds publics étaient disponibles dans la presse.


La gauche et le Modem voient le mécanisme comme un instrument de manipulation de l'opinion, OpinionWay étant à leurs yeux subventionné pour fournir aux médias des enquêtes aux méthodes discutées - utilisant internet - et laissant penser que la politique gouvernementale a l'appui de l'opinion.


De son côté, la Société des rédacteurs du Figaro, journal qui compte parmi les grands clients d'OpinionWay, a prié sa direction vendredi de "mettre immédiatement un terme à ce type de 'coproduction' qui nuit gravement à la crédibilité des titres du groupe", une demande rejetée par le patron du titre, Etienne Mougeotte.


Plusieurs médias ont en outre révélé que le cabinet signataire du contrat à 1,5 million d'euros annuels était la société Publifact, dont l'actionnaire principal est Patrick Buisson, ancien directeur du journal d'extrême droite Minute, ex-chroniqueur sur LCI, et proche de Nicolas Sarkozy qui l'a décoré en 2007 de la Légion d'honneur.


"Tout cela confirme l'embarras des intéressés, mais aussi l'existence d'un système de coproduction et de connivence dont la finalité n'est pas l'étude de l'opinion, mais la maîtrise du débat politique dont les termes sont pipés", écrit Delphine Batho.

Source Lexpress.fr

En effet comment peuvent ils abandonner cette pratique alors qu'elle leur assure le controle de la population...

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