Sarkozy victime d'une escroquerie bancaire: huit personnes jugées lundi

Publié le par Le Veilleur

Huit personnes accusées d'avoir participé à une escroquerie aux comptes bancaires pour se procurer des téléphones portables comparaissent lundi et mardi au tribunal de Nanterre, dans une affaire où Nicolas Sarkozy figure au rang des victimes.


Le président de la République, qui avait porté plainte le 25 septembre dernier après avoir constaté des prélèvements douteux sur son compte personnel de Neuilly-sur-Seine, pour un montant inférieur à 200 euros, s'est constitué partie civile dans ce dossier.


Le procureur de Nanterre Philippe Courroye avait saisi la brigade financière et la brigade criminelle pour résoudre cette affaire, dont le procès se déroule moins de neuf mois après l'ouverture d'une information judiciaire.

Les huit protagonistes, six hommes et deux femmes âgés de 23 à 40 ans, dont trois comparaîtront détenus, encourent dix ans de prison et un million d'euros d'amende.


L'organisateur présumé de la fraude, Ama M'Bodji, un Sénégalais de 30 ans, est accusé avec sa concubine et un ami, d'avoir sollicité l'ouverture de quelque 150 lignes de téléphonie mobile dans des boutiques spécialisées de Mantes-la-Jolie (Yvelines), Rouen et Tourville-la-Rivière (Seine-Maritime), en utilisant de faux papiers d'identité, mais de vraies coordonnées bancaires appartenant à une quarantaine de personnes.


Ces données auraient été obtenues par un complice, employé de la société Teleperformance qui gère notamment les abonnements de Canal +, où il avait accès aux dossiers de tous les clients.


Outre celles de Nicolas Sarkozy, les numéros de RIB (relevé d'identité bancaire) de sa première épouse, Marie-Dominique Culioli, et de la dernière épouse de son père, ont été utilisées.


Parmi les prévenus figurent également trois vendeurs des boutiques SFR ou Orange de Mantes-la-Jolie et de Rouen. Selon l'accusation, ces employés, rémunérés en partie au chiffre de ventes qu'ils réalisaient, ne pouvaient ignorer la fraude, car ils ouvraient parfois plusieurs lignes pour la même identité et fermaient les yeux sur des documents suspects.


Dernière phase de cette escroquerie qualifiée de "banale" et "classique" par des sources proches de l'enquête, la revente clandestine des téléphones portables sur des marchés parallèles.


Contacté par l'AFP, l'un des avocats de la défense, Me Pierre Degoul, a dénoncé "le traitement très particulier" de ce dossier "en raison de l'identité d'une partie civile".


"Si demain une personne lambda est victime de ce type d'affaire, au commissariat on lui proposera au mieux de déposer une main courante, en lui disant que la banque vous remboursera", affirme-t-il.

Le procès s'ouvre lundi à 09H30 devant la 15e chambre correctionnelle du tribunal de Nanterre et doit se poursuivre jusqu'à mardi.

Source Afp.fr

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