La police lance des grenades lacrymogènes en pleine kermesse

Publié le par Le Veilleur

La fête de quartier a failli virer au drame puis à l’émeute. Les Tarterêts célébraient leur kermesse de fin d’année scolaire hier lorsque les policiers sont intervenus en lançant des grenades lacrymogènes en direction de la foule.
Il est 19 h 50, tout le quartier des Tarterêts batifole devant la place du marché.

Des animations et des stands ont été montés un peu partout. Sur la scène, les associations dansent et chantent à tour de rôle. Les policiers, qui ont effectué des patrouilles toute la journée, arrivent alors avec trois voitures pour emmener un jeune suspecté d’avoir insulté les forces de l’ordre un peu plus tôt. Une soixantaine de garçons tentent de s’interposer et caillassent les policiers.

Pour se dégager, ces derniers lancent alors une dizaine de grenades lacrymogènes au beau milieu de la foule. Certains enfants sont touchés, des mères de familles également. C’est la panique. Partout des cris, des pleurs. Les responsables d’associations locales tentent de protéger les plus jeunes. Tous se réfugient dans la halle couverte du marché. Autour, de la fumée. Irrespirable. Dans les stands aussi c’est la panique. Après quelques minutes, la peur fait place à la colère dans le quartier.

Mais les principaux responsables d’associations tentent de calmer le jeu. « Il faut aller porter plainte tous ensemble », lance un responsable de l’association Lien citoyen. A 20 h 30, un cortège de plus de 200 habitants prend la direction du commissariat. L’ambiance est électrique. « Pas content, pas content », lancent les mamans à l’adresse des policiers qu’elles croisent dans la rue.

Arrivée devant le commissariat barricadé pour l’occasion, la troupe demande à porter plainte de manière collective. Il leur est répondu que quatre représentants peuvent entrer discuter. Une trentaine de minutes plus tard, la délégation ressort, accompagnée de Bruno Piriou, l’ex-conseiller municipal d’opposition PC, déclaré inéligible mais qui arbore malgré tout son écharpe d’élu.

« Nous avons obtenu des choses, lance-t-il à la foule. Trois personnes blessées peuvent déposer plainte contre des faits de la police. Les autres seront entendues demain (NDLR : aujourd’hui) . Une enquête administrative va être ouverte afin de connaître les erreurs et punir éventuellement les fautifs. » Du côté de la police, on s’étonne en effet de la manière dont s’est déroulée l’intervention. « On va tâcher de démêler les fils de cette affaire, mais il n’est pas acceptable que des policiers tirent dans la foule », avance une source policière. Hier soir, l’adjointe au maire, Farida Maïza, annonçait qu’une marche serait organisée dès 10 heures ce matin, en direction du tribunal d’Evry. Objectif : déposer plainte directement auprès du procureur.

 


Source LeParisien.fr

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