Le président du Sénat accusé de malversations

Publié le par Le Veilleur

Son principal opposant de gauche à Rambouillet porte plainte contre Gérard Larcher, qui aurait perçu 13.000 euros d'indemnités en trop pendant 15 mois, en n'ayant pas plafonné ses indemnités de maire et de sénateur.

Ennuis judiciaires en vue pour Gérard Larcher ? Le président UMP du Sénat est en effet visé par une plainte «pour manquement à son devoir de probité (concussion) en tant que maire», déposée lundi par le leader de l'opposition à la mairie de Rambouillet. Concussion, autrement dit malversation. Comme le rappelle le site Mediapart, une loi de 1992 portant sur le cumul des mandats impose un plafonnement de l'indemnité parlementaire de Gérard Larcher à une fois et demi son montant de base, soit environ 8.100 euros, le surplus de salaire entre les fonctions de maire et sénateur devant être écrêté.


C'est cette dernière obligation que n'aurait pas respecté le président du Sénat, d'après l'auteur de la plainte, Jean-Luc Trotignon, président du groupe d'opposition municipale «Rambouillet nouveau» dont font partie des élus PS, PRG, MRC et Verts. Son avocat, Me Karsenti, évoque un total de 12.830 euros que M. Larcher aurait «irrégulièrement perçu d'octobre 2007 à décembre 2008 au-delà du maximum légal autorisé par le cumul des mandats».

 
Gérard Larcher défend son «honnêteté»

 

En avril dernier, l'actuel président de la Haute-Chambre avait remboursé 3.000 euros de trop-perçu à la commune pour «solde de tout compte» suite, déjà, à une plainte de Jean-Luc Trotignon. Ce dernier parle d'«un écran de fumée» : «L'affaire ne peut pas se terminer par ce remboursement qui ne concerne qu'une partie des sommes indûment perçues. C'est pourquoi j'ai décidé de porter l'affaire au pénal».


En cas de poursuites, Gérard Larcher est passible de cinq ans de prison et 75.000 euros d'amendes. En guise de réponse, il a annoncé mardi avoir saisi officiellement la sous-préfecture d'une demande de contrôle approfondi des indemnités des élus municipaux de sa ville. Cette saisine a été confirmée lors du conseil municipal du 5 juin. Il a également proposé que la chambre régionale des comptes procède à tous les contrôles nécessaires.


«L'erreur administrative et collective est possible et je la corrigerai. Mais je n'accepte pas que soit mise en doute mon honnêteté. Aucune malversation ne peut m'être reprochée», tonne Gérard Larcher. Une démarche guidée par un souci de «transparence». Cette même transparence qu'il s'était imposé à l'automne dernier lorsqu'il avait succédé à Christian Poncelet, empêtré dans une affaire d'appartement de fonctions.

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