Serge Dassault : « On a voulu m’éliminer »

Publié le par Le Veilleur

« Injustice », « ridicule », « scandaleux », « invraisemblable ». « Peiné », Serge Dassault a multiplié hier les attaques contre la décision du Conseil d’Etat. La veille, la haute juridiction administrative a invalidé l’élection du maire UMP de Corbeil et l’a déclaré inéligible pour un an, en raison de dons d’argent.

Tout comme son adversaire PC, Bruno Piriou, inéligible, lui, faute d’avoir payé à temps le palais des sports.

« La ville, sans moi, est foutue », et de chercher un candidat dans son équipe...


Resté silencieux après le jugement, l’avionneur est sorti hier de son mutisme, au siège de son empire.
« Indigné » de la façon dont il a été traité, il reste persuadé qu’on a voulu l’éliminer pour y mettre « un socialiste qui a quelques amis parmi le Conseil d’Etat ».

Le puissant homme d’affaires se sent même atteint dans son honneur. « On va me montrer du doigt comme étant celui qui a donné de l’argent. C’est faux. Je n’ai jamais donné le moindre sou. Je n’ai pas besoin de cela. » Et le sénateur de rappeler les multiples campagnes municipales, cantonales, régionales… menées « sans jamais aucune contestation ».

Serge Dassault est arrivé en 1977 à Corbeil, au gré d’un cercle dessiné sur une carte. Le fils du grand Marcel Dassault voulait faire de la politique.

Il cherchait un point d’ancrage « pas trop loin de Saint-Cloud », où il travaillait, et sans faire d’ombre à un ami de droite. Il choisit Corbeil. « Un défi, précise-t-il, pour montrer qu’un milliardaire peut être élu dans une ville de gauche et communiste. »

Il réussit en 1995. Alors, après trente ans à Corbeil, l’industriel se sent frustré de ne pouvoir continuer son « oeuvre ». « Corbeil, c’était quand même un but, confie-t-il. Je voulais la rendre plus belle, m’occuper de tous les habitants. On me coupe les ailes sur des rumeurs, des mensonges, sans impartialité. »

Tellement attaché à sa ville, Serge Dassault, malgré tout, ne semble pas vouloir la lâcher comme ça. Tout prêt à continuer à veiller sur elle, si son équipe est élue. « La ville, sans moi, est foutue », claironne-t-il. Mais qui pour mener la campagne à sa place ? Le maire UMP de Mennecy, Xavier Dugoin ? « Il ne connaît pas la ville », tranche Serge Dassault, qui préfère « trouver un candidat dans son équipe ».

Autre « hypothèse de travail », suggérée, selon son entourage, par des militants : M m e Dassault. Hier, le patron de Corbeil, encore pour quelques jours, n’en a dit mot. Son dauphin devrait être connu d’ici au début de la semaine prochaine.

 


Source LeParisien.fr

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