Sarkozy, Girouette ou Eolienne ?

Publié le par Le Veilleur

Il fallait s’y attendre : après le brillant résultat de la liste écologiste aux européennes, le Prez devient soudainement écolo, mais qui espère-t-il tromper ?


Lors de son discours du 9 juin, en Savoie, Sarkozy l’affirme haut et fort : je veux développer les énergies renouvelables.


Et il ajoute « courageusement », « le tout nucléaire a été une erreur…collective ».

(On se souvient que lors du Grenelle le gouvernement avait stipulé que « toute remise en cause du nucléaire serait interdite ».)


Or en Savoie il a même ajouté « là où nous dépensons un euro pour le nucléaire, nous dépenserons le même euro pour la recherche sur les technologies propres…je réaffirme cet objectif non pas à horizon 2015, ou 2020, mais tout de suite, maintenant ».


Pour le réseau « sortir du nucléaire », « Sarkozy fait mine de promouvoir les énergies renouvelables, mais en réalité il réaffirme son soutien sans faille à l’industrie nucléaire ».


Comment pourrait-il financer un programme si ambitieux ?


En effet, le programme EPR déjà engagé coûte cher, et les budgets prévisionnels sont déjà largement dépassés.

Pour l’EPR le prix est passé de 3,3 milliards à 5 milliards. Ce serait donc 15 milliards d’euros qui seraient investis tout de suite dans les énergies propres, s’il faut en croire les promesses présidentielles.

Lors d’un reportage récent sur la trois (le 6 mai) le chiffre de 2000 milliards d’euros a été avancé uniquement pour le démantèlement des vieilles centrales nucléaires.


Logiquement, la même somme devrait être investie dans les énergies propres.

Mais chacun sait que le Prez est un champion des promesses non tenues.

Rappelez-vous : « j’irais chercher le pouvoir d’achat avec les dents »… ou même « personne ne dormira dans la rue en 2009  »


Il va peut-être pratiquer avec les énergies vertes comme il l’a fait avec les impôts.

Il avait promis une baisse de ceux-ci et a tenu parole, puisqu’en 5 ans la droite a mené une politique fiscale « courageuse » abaissant le taux de l’impôt progressivement à 40%.

Ce serait vite oublier qu’en même temps les prélèvements obligatoires ont été augmentés de 44%.

Une rumeur persistante évoque un nouvel impôt qui serait levé cet été, en douce, pendant que vous bronzez sur une plage : la vignette referait son apparition.

Personne ne serait surpris qu’elle soit justifiée par un « ambitieux » programme de développement des énergies propres.

Ce serait le moment de lui faire remarquer que « son grand ami » Obama pratique vis à vis du nucléaire une politique bien différente.


Il ne finance plus de nouveaux projets nucléaires, et mise tout sur les énergies renouvelables.

On vient d’apprendre par un communiqué d’enerpresse du 2 juin que le Président américain a annoncé le déblocage de 467 millions de dollars pour relancer la filière Géothermie, et soutenir les projets solaires à hauteur de 117 millions de dollars.


Question géothermie la France est pourtant bien placée.
N’a-t-elle pas foré le premier puits géothermique en 1841 ?

Humour involontaire, il a été foré à Grenelle même, là ou se sont tenus les débats, lesquels ont soigneusement évité d’évoquer la Géothermie.


Depuis 1964 la Maison de la radio est chauffée par géothermie, et entre 1980 et 1986, lors du premier pic pétrolier, la géothermie s’est bien développée pour retomber par la suite dans une sorte de léthargie.

Pourtant l’eau chaude est abondante dans notre sous-sol, tant dans le sud-ouest, que dans la région Lyonnaise, l’Alsace, et la région Parisienne bien sur.


Revenons à Obama.

Il va aussi consacrer 22,5 millions de dollars pour la recherche sur le solaire à concentration, et lever toutes les barrières techniques freinant le raccordement au réseau du solaire.

Un projet est d’ailleurs déjà en marche. Il prévoit de capter l’énergie solaire par des miroirs, pour générer de la vapeur, laquelle pourra satisfaire les besoins en climatisation de 530 000 résidences californiennes.

Avec six autres projets, ce seront 3,6 gigawattheures qui seront produites chaque année.


Alors, que sera réellement le programme « vert » sarkozien ?


L’avenir nous le dira, car comme disait un vieil ami africain :

« le bout de bois aura beau séjourner longtemps dans l’eau, il ne deviendra jamais un crocodile »

Source Agoravox.fr

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