Le casse-tête Hortefeux

Publié le par Le Veilleur

Placé à la troisième place sur la liste UMP dans le Centre, le ministre du travail, Brice Hortefeux, voulait avant tout user de son poids pour faciliter l'élection de Jean-Pierre Audy et Sophie Briard-Auconie. Grâce aux score plus important que prévu du parti majoritaire (28,48 % dans le Centre), le ministre obtient contre toute attente un poste d'eurodéputé et pose, dans le même temps, un problème complexe au gouvernement. Car Nicolas Sarkozy avait annoncé en début d'année que les candidats aux européennes "siègeront. C'est une régle". Une phrase alors surtout adressée à Rachida Dati, numéro deux en Ile-de-France, pour faciliter sa sortie du gouvernement.

Après le scrutin, et l'élection surprise de M. Hortefeux, de nombreux responsables du gouvernement sont montés au créneau pour expliquer que le ministre devait rester à son poste. L'intéressé, lui, n'a pas encore réagi. "Je pense qu'on a besoin de Brice Hortefeux au gouvernement. Dans sa région, qu'il aime beaucoup, il avait décidé de venir en soutien", a, par exemple, déclaré Xavier Bertrand. "En période de crise, alors que Brice Hortefeux est l'interlocuteur privilégié des syndicats, je n'imagine pas qu'on se prive de ses services", a renchéri le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre.


"PAS UNE RÈGLE COLLECTIVE"



Les responsables UMP ont tenté de différencier M. Hortefeux de Rachida Dati et Michel Barnier, tous deux en position éligible en Ile-de-France, qui doivent prochainement quitter le gouvernement. "Si Brice Hortefeux avait été dans la logique d'aller au Parlement européen, vous imaginez bien, compte tenu de son poids dans la région, qu'il aurait été tête de liste", a souligné M. Lefebvre. Rachida Dati rappelle pour sa part que le départ du gouvernement en cas d'élection au Parlement n'était "pas une règle collective", et que le futur de M. Hortefeux relèvera d'une "décision entre lui et le président de la République."


A la veille du remaniement gouvernemental, l'opposition ne manquera pas de rappeler à M. Sarkozy la règle qu'il a lui-même édictée. Selon plusieurs sources gouvernementales anonymes citées par l'AFP, les départ de plusieurs ministres, dont Mme Dati et M. Barnier, ne devraient pas intervenir cette semaine, mais plutôt à la fin du mois de juin.

Source LeMonde.fr

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