Pour Mme Aubry, il y a "un seul adversaire : l'UMP"

Publié le par Le Veilleur

Dernière étape de la campagne européenne du PS, le meeting organisé jeudi 4 juin à Lille aura été à l'image du parcours des socialistes. Appliqué mais quelque peu laborieux, combatif sans déborder d'enthousiasme. Il aura fallu attendre l'entrée en scène de Martine Aubry, maire de la ville, pour que les 2 000 personnes réunies au Zénith lillois vibrent pour de bon.

A la tribune, la première secrétaire est longuement revenue sur cette difficulté qui, tout au long des préparatifs du scrutin du 7 juin, aura tant perturbé les socialistes : l'incapacité de contraindre la droite à une confrontation projet contre projet. "Nous avons un adversaire qui avance caché, qui camoufle ses idées. Nicolas Sarkozy n'a pas voulu de cette campagne européenne car il ne voulait pas que l'on parle du bilan de la droite", a-t-elle souligné. "La droite n'assume pas ce qu'elle défend en Europe et ce qu'elle fait en France", s'est indignée Mme Aubry, brandissant le programme du Parti populaire européen (PPE, auquel adhèrent les députés de l'UMP).


Auparavant, Jacques Delors, père de Mme Aubry, s'en était pris à la droite européenne dans un message enregistré. Présent à Lille pour soutenir la liste PS de la grande région Nord-Ouest conduite par Gilles Pargneaux, patron de la fédération du Nord, Laurent Fabius a pris pour cible Nicolas Sarkozy. "Lorsque l'on affiche un tel bilan, on ne le présente pas aux Français; on présente ses excuses", a déclaré l'ancien premier ministre. Quant à Bertrand Delanoë, il a appelé à ce que "le rassemblement des socialistes se fasse dans la solidarité en épaulant notre première secrétaire".


"PRIVÉS D'UNE CONFRONTATION AVEC L'UMP"


Lors de ce meeting, exposé à la surenchère des autres listes se définissant comme les dépositaires d'un "vote sanction", le PS aura encore donné le sentiment de ferrailler dans le vide, faute de pouvoir imposer à son adversaire désigné réel un clivage droite-gauche. "Pendant que se livraient les duels secondaires entre Europe-Ecologie et le MoDem ou entre le NPA et le Front de gauche, nous avons été privés d'une confrontation avec l'UMP", regrettait Christophe Borgel, l'un des experts électoraux du PS. "De toutes façons, estimait un autre dirigeant, cette campagne arrive bien trop tôt pour que nous puissions être en état de l'aborder dans les meilleures conditions."

A défaut de pouvoir livrer une bataille frontale contre la droite, Martine Aubry a adressé un nouvel appel aux abstentionnistes en appelant les électeurs "de gauche, les démocrates et les humanistes" à apporter leur suffrage au PS, "le seul parti à même de renverser la majorité au Parlement européen".


Elle s'est également employée à ajuster le tir en lançant quelques piques aux autres forces de gauche sans pour autant compromettre l'après 7 juin. Jugeant François Bayrou "décevant", Martine Aubry a présenté Daniel Cohn-Bendit comme "un homme sympathique, que l'on aime bien à gauche". Elle a toutefois avoué "ne plus très bien savoir où il est; hier avec François Bayrou, aujourd'hui avec José Bové". "Un député qui est pour l'Europe sociale et a voté avec la droite et le centre droit la possibilité de privatisation des transports ferroviaires, ça pose quand même un problème", a-t-elle lancé à son intention.


Toutefois, à deux jours du scrutin, la première secrétaire du PS a assuré "n'avoir qu'un seul adversaire: l'UMP". "Rassemblons la gauche dimanche", a-t-elle conclu.

Source LeMonde.fr

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