TF1 n'aime pas lacher des sous...

Publié le par Le Veilleur


Remise en question


"Draguer et se marrer"


Pour Edouard Boccon-Gibod, l'annulation de la condamnation pour travail dissimulé "prive de sens économique les poursuites judiciaires devant les autres instances" car les Prud'hommes ont limité à moins de 900 euros les rappels de salaires à verser à la plupart des plaignants.

Mais "je n'arrive pas à me faire à l'idée que participer à une émission de télévision peut être considéré comme une activité professionnelle, dès lors qu'on me demande d'être moi-même!", s'est exclamé le dirigeant de TF1 Production. "Le monteur, on lui demande de monter, et l'animateur, d'écrire ses textes. Mais au tentateur, on demande de draguer et de se marrer!", a-t-il soupiré.

TF1 va réclamer dès jeudi le remboursement des 16.000 euros accordés par la justice en février 2008 à des plaignants de cette émission, au titre des dommages et intérêts pour "travail dissimulé".
"L'Ile de la tentation", une émission produite par Glem, devenue TF1 Production, propose à des couples "de soumettre leur amour à la tentation", durant douze jours, sur une île paradisiaque, entre croisières en yacht et soupers au champagne. TF1 avait annoncé en février que l'émission ne serait pas reconduite cet été.

Source NouvelObs.com

Pour Me Thibault Guillemin, avocat de TF1, l'arrêt de la Cour de cassation englobe dans la télé-réalité les émissions avec des participants sous l'oeil d'une caméra et sous l'autorité d'un producteur, dans un lieu et pendant un temps donnés.

Edouard Boccon-Gibod a évoqué la possibilité de la création d'"un statut des participants aux émissions de télé-réalité et de jeux". Ce statut, qui s'accompagnerait d'un contrat de droit privé ayant force légale, devra être décidé par le Parlement, sous la forme d'un projet ou d'une proposition de loi, a précisé Me Guillemin.
Interrogé par l'AFP, ALP, qui produit notamment "Koh Lanta" ou "Fort Boyard", n'a pas souhaité réagir à l'arrêt de la Cour.

La Cour de cassation a estimé mercredi que participer à une émission de télé-réalité comme "L'Ile de la tentation" constitue un travail, et justifie donc un contrat de travail. Elle a en revanche annulé la condamnation de la cour d'appel de Paris pour "travail dissimulé", estimant que la société n'avait pas contourné la loi "intentionnellement".

"Je n'arrive pas à me faire à l'idée que participer à une émission de télévision peut être considéré comme une activité professionnelle" quand on ne demande aux participants que "de draguer et de se marrer", déclare Edouard Boccon-Gibod, le dirigeant de TF1 Production, après la décision de la Cour de cassation.

L'arrêt de la Cour de cassation, assimilant la participation à l'émission "L'île de la tentation" à un contrat de travail, est "un bouleversement pour la production audiovisuelle", qui dépasse "le cadre de la télé-réalité", a déclaré mercredi 3 juin Edouard Boccon-Gibod, président de TF1 Production, au cours d'un point presse organisé après l'arrêt de la Cour.

"C'est le droit du travail qui doit s'appliquer à toutes les émissions où les producteurs imposent des règles aux participants", a-t-il ajouté, citant par exemple "La carte au trésor" (France 3), "Pekin Express" (M6) ou Fort Boyard (France 2).


Selon lui, "un certain nombre de questions vont se poser pour ce type d'émissions: comment va se comporter le public qui saura que le candidat est salarié de la production?".

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