Gauche et droite s'affrontent sur le «cas» Julien Coupat

Publié le par Le Veilleur

La libération de Julien Coupat, jeudi, après sept mois de détention provisoire pour soupçons de «terrorisme», s'invite dans la campagne des européennes.


Alors que le PS continue de patiner dans les sondages, et au moment où Nicolas Sarkozy et l'UMP jouent la carte de la sécurité, l'affaire Coupat tombe à pic pour dénoncer, à l'instar d'Arnaud Montebourg jeudi, les «sept mois de prison infligés à un innocent pour faire monter une sauce politicienne au goût infect». Pour le député, «dans n'importe quel pays démocratique, cela vaut une démission».


Le PS et les verts ont donc demandé des éclaircissements. «Il faudra bien que le gouvernement s'explique sur les raisons d'un tel acharnement à faire de l'antiterrorisme le prétexte à toutes les dérives, jusqu'à ranger les opinions d'un individu au rang de délit», écritvait jeudi soir Pouria Amirashi, secrétaire national aux droits de l'homme.

«Julien Coupat est-il coupable ou le gouvernement a-t-il fait preuve de légèreté, voire de manipulation?».

Réponse de Michèle Alliot-Marie : «Nous sommes là tout simplement dans une procédure normale». Quant à Julien Coupat, le fait qu'il «demeure sous contrôle judiciaire strict» «signifie quelque chose», estime la ministre.

Fillon : «procédure normale»

Mais la polémique enfle. Noël Mamère évoque une «justice d'exception» et une «manipulation» qui a le mérite, à ses yeux, de révéler «le vrai visage du sarkozysme». Il réclame une commission d'enquête parlementaire. José Bové, lui, parle de «coup médiatique organisé». André Vallini, ancien président de la commission Outreau, estime pour sa part que «la justice, et le pouvoir qui a tenté de l'instrumentaliser, s'acheminent ensemble vers un fiasco politico-judiciaire».


Même le NPA de Besancenot, pourtant violemment critiqué par Coupat, qui n'y voyait qu'une «grisaille soviétique à peine retouchée sur Photoshop» dans l'interview que ce dernier a accordé au Monde, y est allé de son commentaire. «Il est mieux dehors que dedans, évidemment, mais je pense qu'il devrait être disculpé», puisque «il n'y a rien» dans le dossier, a lancé le leader d'extrême-gauche sur France Info.


L'UMP est entrée dans la bagarre, part le biais d'un communiqué de son porte-parole, Frédéric Lefebvre, selon qui «instrumentaliser ce qui n'est qu'une étape de l'instruction pour faire croire à l'innocence de Coupat est totalement irresponsable, d'autant que cela n'est fait qu'à des fins électoralistes».


Vendredi matin, François Fillon est également monté au créneau pour expliquer que «la procédure a été respectée. La règle dans notre pays c'est pas la détention provisoire, c'est la liberté» dans cette affaire. «On met en détention provisoire des gens quand on veut éviter qu'ils se sauvent, quand on veut éviter qu'ils fassent pression sur des témoins, quand on veut éviter qu'ils détruisent des preuves. C'est la raison pour laquelle M. Coupat a été placé en détention provisoire».


Et le premier ministre de conclure : «La justice estime désormais que l'enquête a suffisament avancée pour qu'il soit libéré. Il y aura un procès, on saura à ce moment là la vérité».

Source LeFigaro.fr

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