La CGT des Caisses d'épargne porte plainte dans l'affaire Pérol

Publié le par Le Veilleur

Le syndicat CGT des Caisses d'épargne a annoncé mardi avoir déposé plainte pour "prise illégale d'intérêt" contre François Pérol, ex-conseiller de Nicolas Sarkozy, qui doit prendre la tête de la nouvelle société fusionnant Banques populaires et Caisses d'épargne.

Le premier syndicat français a également déposé trois recours au Conseil d'Etat contre des décisions administratives et politiques liées à ce dossier, notamment celle par laquelle le ministère de l'Economie a agréé la nomination de François Pérol à la tête des Caisses d'épargne.


Une enquête préliminaire de police pour "prise illégale d'intérêt" a déjà été ouverte par le parquet de Paris début avril, à la suite de plainte d'associations, Anticor et les Contribuables associés, auxquelles s'est ensuite joint le syndicat Sud.


La procédure, confiée à la brigade financière, vise à déterminer la possibilité d'une infraction pénale dans le processus de nomination de François Pérol à la tête de la nouvelle entité.

Les plaignants visent le délit pénal, puni de cinq ans de prison et 75.000 euros d'amende, qui serait constitué par le fait que François Pérol dirigerait une société à la création de laquelle il a participé en tant que secrétaire général adjoint de l'Elysée.


La fusion entre Banques populaires et Caisses d'épargne doit en principe intervenir avant la fin du mois de juin mais François Pérol a déjà été porté à la tête des deux entités malgré les objections de l'opposition de gauche et des syndicats.

Il nie toute infraction

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UN DÉNOUEMENT LOINTAIN?


L'entrée en scène de la CGT change la donne dans cette affaire judiciaire.

Les premières associations plaignantes jugent probable le classement sans suite de ces premières plaintes par le procureur, lié hiérarchiquement au pouvoir politique.


Mais dans ce cas, il sera possible pour la CGT de saisir directement un juge d'instruction indépendant en déposant une plainte avec "constitution de partie civile", une démarche qui était moins évidente pour les associations, dont l'intérêt juridique à agir paraît contestable.


L'opposition de gauche, le parti centriste MoDem et les syndicats estiment que les règles n'ont pas été respectées, puisque la commission de déontologie de la fonction publique appelée à donner son avis sur la nomination de fonctionnaires dans les secteurs qu'ils régissaient n'a pas été consultée.


Deux de ses membres ont démissionné à la suite de cette affaire. La gauche voit dans cet épisode une nouvelle preuve de ce qu'elle décrit comme le "pouvoir personnel" du président de la République.


L'Etat français a prévu d'apporter plusieurs milliards d'euros à la nouvelle entité bancaire pour tenter de combler les lourdes pertes provoquées dans ses deux composantes par des pertes en trading sur les marchés financiers et des investissements dans l'immobilier.

Source LeMonde.fr

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