"Des évaluations de CE1 instrumentalisées politiquement"

Publié le par Le Veilleur

Lire, écrire, orthographier et compter. Le programme de la semaine des élèves de CE1 ne change certes pas beaucoup de d'habitude. Mais cette fois, c'est noté et un classement en quatre catégories s'effectuera en fonction des résultats. Des évaluations nationales commencent en effet ce lundi, et finiront vendredi, alors que les CM2 ont eu droit à leur test en janvier dernier*. Comme chaque année, le ministère de l'Education nationale veut mesurer les acquis des élèves à un moment précis de leur scolarité élémentaire afin de donner des outils concrets aux enseignants. Les résultats seront également communiqués aux parents, puis les données statistiques nationales qui en découleront seront rendues publiques sur le site internet du ministère de l'Education nationale, fin juin.

"On nous a imposé cette évaluation"

Lire à haute voix un texte, en rédiger un petit, écrire une suite de nombres ou résoudre un problème concret, le menu est alléchant. Mais pas du goût des enseignants. Alors que l'épreuve est organisée pour eux, ou du moins pour les aider à appréhender les difficultés de leurs élèves, ils n'apprécient que très modérément la façon de faire. Contactée par leJDD.fr, Claire Krepper, secrétaire nationale de SE-Unsa, deuxième syndicat d'enseignants dans les écoles, explique les raisons du désaccord: "Nous n'y sommes pas opposés sur le principe car cela permet une régulation nationale, mais il faut en revoir les modalités. Le mode de correction est par exemple à revoir car actuellement, c'est juste ou faux, et cela ne permet pas aux enseignants de se faire une idée réelle du niveau des élèves, explique-t-elle en préambule. Il faudrait pouvoir nuancer."

Mais si la forme des évaluations pose apparemment problème, c'est surtout sur le fond que la grogne enseignante se fait entendre: "On est passé pour la première fois cette année d'une "évaluation diagnostic" à "une évaluation bilan", sans qu'il n'y ait eu aucune concertation avec les syndicats, s'emporte Claire Krepper. On nous a imposé cette évaluation pour nous imposer les nouveaux programmes. Les enseignants, qui sont contre cette réforme, ne les appliquent pas encore totalement. Mais l'année prochaine, s'ils ne veulent pas voir leurs élèves échouer, ils seront dans l'obligation de les appliquer pleinement", conclut-elle. Contrairement à CGT Educ'action, SE-Unsa n'appelle pas au boycott de ces test nationaux. Mais ne manque pas de dénoncer "des évaluations instrumentalisées politiquement."

*Selon ces évaluations, plus du tiers des élèves de CM2 sont d'un très bon niveau mais 7% en français et 15% en mathématiques sont en très grande difficulté.

Source LeJDD.fr

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