Le gouvernement dit oui aux pilotes mais non aux stewards

Publié le par Le Veilleur

Alors que les pilotes, menaçant de faire grève cet été, semblent avoir obtenu gain de cause, le secrétaire d'Etat estime que la demande des syndicats d'hôtesses et stewards n'est pas justifiée.

 
Alors que le secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau avait rassuré les pilotes de ligne, en leur affirmant qu'un vote leur garantissant une représentation syndicale spécifique aurait lieu, il a refusé la même demande, faite par les syndicats d'hôtesses et de stewards, samedi 23 mai.

Vendredi, quatre syndicats d'hôtesses et stewards (CFTC, SNPNC-FO, Unac-CGC et Unsa aérien) avaient en effet avancé la même revendication que les pilotes de ligne, menaçant de faire grève cet été s'ils n'obtenaient pas gain de cause.

"Pas les mêmes responsabilités"


Le secrétaire d'Etat a déclaré au micro d'Europe 1, que les choses étaient différentes pour les syndicats d'hôtesses, de stewards et de personnels navigants commerciaux, expliquant que ceux-ci avaient déjà "affilié leur syndicat à de grandes centrales syndicales".
Précisant que "le type de responsabilité, de fonction dans l'entreprise n'est pas le même", le gouvernement considère la revendication des pilotes légitime, et ce aux vues de la position des pilotes, de leur quasi-statut de cadre ou de leur rôle pour la sécurité.

Le métier de PNC (personnel naviguant commercial) "n'a pas les mêmes spécificités", bien que "difficile, passionnant et très particulier" a poursuivi Dominique Bussereau, en précisant que la question lui paraissait "réglée".

Le SNPL exige un vote


A l'inverse des hôtesses et stewards, le secrétaire d'Etat s'était voulu rassurant sitôt la grève des pilotes annoncée.
Le Syndicat national des pilotes de lignes (SNPL), largement majoritaire, avait déposé un préavis de grève pour tous les week-ends du 10 juillet au 3 août, avait indiqué vendredi 22 mai le secrétariat d'Etat aux transports.
Le syndicat exige le vote par le Parlement d'une disposition aménageant pour le personnel navigant technique (c'est-à-dire les pilotes) la réforme de la représentativité syndicale entrée en vigueur cette année.

Selon la réforme, un syndicat ne peut être reconnu représentatif dans une entreprise, et donc habilité à négocier des accords, que s'il a obtenu 10% des voix parmi l'ensemble des salariés. Le SNPL demande que, pour les pilotes, ce seuil de 10% se calcule par rapport au seul personnel navigant technique.


"Pas de raison d'avoir lieu"


Une spécificité du même ordre est déjà possible pour les cadres (dont bénéficie la CFE-CGC) et pour les journalistes.

Interrogé par l'AFP, le président du syndicat, Jocelyn Smykowski, a jugé "un peu prématuré" de parler de grève, mais a reconnu que "c'était une possibilité".

"A Air France, on compte 4.000 pilotes (sur quelque 75.000 salariés, ndlr). Même si un seul syndicat les représentait tous, il ne pourrait franchir le seuil des 10%. La catégorie sur laquelle repose, dans une compagnie aérienne, les plus lourdes responsabilités en termes de sécurité, n'aurait ainsi plus de représentation syndicale" a-t-il expliqué.

Cette grève "n'aura pas de raison d'avoir lieu" a répondu vendredi sur BFM le secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau. "Nous trouverons le moyen de faire en sorte" de satisfaire à la demande du SNPL.
Le gouvernement soutient en effet "la proposition de la Commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale, de créer, dans le code de l'aviation civile, un collège spécifique au personnel navigant", a précisé à l'AFP le secrétariat d'Etat.

"Du bon sens"


Cette disposition devrait s'inscrire dans le projet de loi relatif à l'organisation et la régulation du transport ferroviaire, qui doit être examiné avant l'été à l'Assemblée nationale, selon la même source.
"Accorder une représentativité particulière aux pilotes, ça me paraît du bon sens en termes de sécurité", a justifié Dominique Bussereau.

Dominique Bussereau a rappelé que le gouvernement avait déjà donné un avis favorable lorsqu'un amendement allant dans le sens des revendications des pilotes avait été présenté au Sénat en mars, mais finalement rejeté.
L'amendement avait été en effet présenté par un membre des Radicaux de gauche, entraînant, selon Dominique Bussereau, une "incompréhension politique" de la part de sénateurs de la majorité.

Tandis que la CGT s'abstient officiellement de commentaire pour le moment, la CFDT est plus critique : si les pilotes ont gain de cause, "cela voudrait dire qu'on revient en arrière et que chaque corporation pourrait se faire représenter", selon Gilles Nicoli (CFDT Air-France).

Les syndicats d'hôtesses et stewards CFTC, SNPNC-FO, Unac-CGC et Unsa aérien, ont d'ailleurs exigé vendredi dans un communiqué que ceux-ci aient également une représentation syndicale spécifique.

Pour assurer sa représentativité, le Syndicat national des personnels navigants commerciaux (SNPNC) avait annoncé en février son adhésion à FO.


Source NouvelObs.com

Commenter cet article