MAM : «les mesures de Xavier Darcos doivent être précisées»

Publié le par Le Veilleur

La ministre de l'Intérieur trouve l'idée du ministre de l'Education de faire des chefs d'établissements et des inspecteurs d'académie des officiers de police judiciaire «un peu compliquée». Les mesures contre la violence à l'école devront «être réalisables» prévient Michèle Alliot-Marie.

Les suggestions polémiques de Xavier Darcos pour lutter contre la violence à l'école, fustigées par la gauche et les milieux enseignants, ne font pas non plus l'unanimité au sein du gouvernement. «Les propositions du ministre de l'Education devront être précisées», a souligné, dans un entretien au Journal du Dimanche, la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie qui n'a pas caché un certain scepticisme. «Tout le monde est concerné par la sécurité à l'école. Ce qui sera proposé devra être réalisable», a-t-elle mis en garde.


La locataire de la place Beauvau n'est notamment pas convaincue par l'idée de son collègue à l'Education de faire des chefs d'établissements et des inspecteurs d'académie des officiers de police judiciaire ou que des personnes soient formées et assermentées pour constater des délits. «Cela paraît un peu compliquée» note Michèle Alliot-Marie. «Officiers de police judiciaire ou auxiliaires de police judiciaire ne sont pas des titres honorifiques, mais des compétences juridiques. Pour être OPJ ou APJ [qui ont compétence pour fouiller les cartables], il faut passer un concours, et être formé très sérieusement. Il faut être capable physiquement et psychologiquement de s'imposer sans violence», rappelle la ministre.

 
«Ne pas se focaliser sur la violence à l'intérieur des établissements»

 

De même sur la création d' «une force mobile d'agents» intervenant «sur des missions de prévention et de contrôle» de la violence, Michèle Alliot-Marie est réservée. «On ne va pas installer des commissariats dans les écoles, ni morceler les forces de police pour créer une brigade spéciale pour chaque problème», s'agace-t-elle.


La ministre de l'Intérieur «ne croit pas non à une généralisation des portiques dans toutes les écoles même si ça peut être un outil de dissuasion dans certains établissements». «Vous avez des policiers référents, dans des commissariats que l'on peut joindre immédiatement. Les proviseurs sont en général très satisfaits de ce système», pointe Michèle Alliot-Marie qui insiste : «il ne faut pas se focaliser sur la violence à l'intérieur des établissements. Les violences les plus fréquentes ont lieu dans des bagarres de bandes, à l'extérieur des lycées.


Cette série de propositions pour lutter contre la violence à l'école intervient après une série d'agressions dans des collèges et lycées. Début janvier, un professeur d'un lycée professionnel de Mayenne a été blessé à coups de couteau par un élève de 18 ans. Dix jours plus tard, dans un collège privé mosellan, un élève de 12 ans a entaillé la joue de son enseignant avec des ciseaux. En mars, le directeur d'un lycée privé du Bas-Rhin a été agressé au canif. Une professeure de mathématiques d'un collège proche de Toulouse a été blessée au couteau la semaine dernière par un élève de 13 ans.


Dernier incident en date : une conseillère principale d'éducation du collège René-Cassin à Chanteloup-les-Vignes, dans les Yvelines, a été violemment frappée par un collégien de 16 ans, mercredi. Placé en garde à vue, l'adolescent a été mis en examen, jeudi, pour violences volontaires, et remis en liberté. Il a été expulsé du collège. Hospitalisée, la victime, touchée aux bras et au visage, s'est vu octroyer trois jours d'ITT, selon la même source.

Source LeFigaro.fr

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