Le maire de La Courneuve dénonce "l'escalade verbale" d'Alliot-Marie

Publié le par Le Veilleur

Les interventions de Michèle Alliot-Marie ne sont pas du tout passées à la mairie de La Courneuve. La ministre de l'intérieur, qui a multiplié les déclarations après les tirs à l'arme lourde essuyés à la cité des Quatre-Mille par des policiers, avait promis d'être "sans pitié à l'égard des trafiquants" et avait comparé La Courneuve à "un supermarché de la drogue".

"Pourquoi une ministre de la République choisit-elle l'escalade verbale et alimente-t-elle la discrimination"
, s'est étonné le maire PCF de la ville, Gilbert Poux. Il s'est également interrogé sur l'utilisation du terme "inapproprié de 'violences urbaines' au lieu de celui de 'banditisme' plus juste", lié selon lui au fait que l'agression s'est déroulée à La Courneuve. "Décidément, il n'y a pas d'égalité de traitement quand il s'agit de La Courneuve", constate M. Poux.

"PLUS RIEN À VOIR AVEC LA PETITE DÉLINQUANCE"

Récemment, l'élu a porté plainte, au nom de sa ville, auprès de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde) pour "discrimination sociale et urbaine". Pour Gilbert Poux, cette "escalade préoccupante dans la violence" illustrée par le guet-apens "n'a plus rien à voir avec la petite délinquance mais avec le banditisme", et il réclame des "moyens" policiers supplémentaires, d'investigation notamment. "Nous refusons que La Courneuve soit à nouveau instrumentalisée", a-t-il résumé.

Mme Alliot-Marie, qui avait effectué une visite surprise mardi soir à La Courneuve, a promis de lutter contre le trafic de drogue par "tous les moyens, notamment juridiques" mais aussi par des actions coup de poing. Depuis lundi, la cité des Quatre-Mille est placée sous haute surveillance policière. Selon la place Beauvau, le département de la Seine-Saint-Denis comptait fin avril "quatre mille six cent quatre-vingt-huit  policiers", "deux cent seize de plus qu'en 2002".

Source LeMonde.fr

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