Le cri d'alarme d'Edwy Plenel

Publié le par Le Veilleur

Edwy Plenel (AFP) 

Edwy Plenel, président fondateur du site Mediapart, a appelé les journalistes et les lecteurs à faire face à une urgente "crise démocratique" et à s'opposer au pouvoir présidentiel qui "empiète (…) sur l'indépendance et la liberté de la presse", vendredi 15 mai, sur France Inter.

Le journaliste, qui publie un manifeste intitulé "Combat pour une presse libre" appelle les journalistes et aussi les lecteurs à réinventer un modèle d'information. Pour lui, il y a urgence car "il y a une crise démocratique qui touche la presse française". "L'actuel pouvoir politique empiète sur notre indépendance, sur notre liberté à nous journalistes et il le fait au détour de notre crise professionnelle, économique notamment celle de la crise papier" a-t-il affirmé sur Inter.

Droit des citoyens


"Le but du manifeste est de dire à ceux qui le liront que le droit à l'information, la liberté de l'information n'est pas un privilège des journalistes mais un droit des citoyens" a insisté Edwy Plenel. Interrogé sur les propos de la ministre de la Culture Christine Albanel qui déclarait que la liberté d'informer n'est pas un droit fondamental, le fondateur de Médiapart a rappelé pour la dénoncer l'affaire du cadre de TF1 licencié après ses prises de position contre la loi Hadopi. "Aujourd'hui, le pouvoir politique dans ses liens avec des puissances économique peut violer l'intimité privé, une correspondance privée et accepter qu'une entreprise soit comme le pire des partis politiques, un parti totalitaire sans droit de dissidence, sans droit d'opinions diverses, et voilà ce que la ministre a laissé faire."

Gardiens d'une liberté


Edwy Plenel a ensuite évoqué les récentes nominations à la tête des chaînes publiques par le pouvoir politique. "Dans notre pays le journalisme est forcément en conflit avec un pouvoir présidentiel qui veut tout occuper. (…) Quand le pouvoir veut nommer lui-même les patrons de l'audiovisuel public, il empiète sur nos libertés et les confrères qui acceptent ça ne se rendent pas compte, au-delà de leur carrière au-delà de leur popularité, y compris dans cette maison même (France Inter: ndlr), que dans ces moments là ils ne sont pas les gardiens d'une liberté qui ne leur appartient pas. Je rappelle (…) que la charte des droits et devoirs des journalistes de Munich (…), notre texte déontologique de référence, dit que la responsabilité des journalistes vis-à-vis du public prime sur toute autre responsabilité en particulier à l'égard de leurs employeurs et des pouvoirs publics."

"Front sur la liberté de l'information"


"Ce que je dis là, je pense que les proches de Dominique de Villepin à l'UMP le pensent, je pense que le Modem le pense, le parti socialiste, les Verts, l'extrême gauche le pensent et qu'il faudrait un grand front sur la question de la liberté de l'information"
Regrettant qu'il n'y ait pas en France de Freedom of information act comme aux Etats-Unis, Edwy Plenel s'est indigné de la manière dont a été nommé Gérard Leclerc à la tête de la chaîne parlementaire de l'Assemblée nationale: "Il y a un vote des parlementaire, ils choisissent majoritairement le sortant (…) et le président de l'Assemblée, pour plaire au prince, impose quelqu'un d'autre. On ne peut pas, nous journalistes, accepter ça", a-t-il affirmé. "Le public nous le fera payer si nous ne nous battons pas contre ça", a conclu Edwy Plenel.

Source Nouvelobs.com
Le fondateur du site d'information Mediapart appelle ses confrères à "se battre" contre le pouvoir présidentiel qui "empiète sur la liberté de la presse", et appelle les citoyens à former "un grand front sur la question de la liberté de l'information".

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asse42 17/05/2009 16:34

Oui l'information est sous la coupe du pouvoir comme jamais. Notre liberté est menacée. De toutes façons on va à la confrontation finale...