Les tentes des Don Quichotte évacuées à Paris

Publié le par Le Veilleur

Elles n'auront tenu que quelques heures. Les tentes de l'association des Enfants de Don Quichotte, installées vendredi après-midi à Paris pour attirer l'attention des pouvoirs publics sur la question des mal-logés, ont été évacuées par les forces de l'ordre vers 22h30.


Une centaine de tentes, pour la plupart de couleur verte, reliées les unes aux autres et arrimées avec des pierres, avaient fait leur apparition vers 18h30, non pas comme annoncé place de la Concorde, mais sur les berges de la Rive Droite, entre le pont de Solférino et le Pont Royal (dans le Ier arrondissement).

Plusieurs personnes sans-abri y avaient déposé leurs effets et devaient y passer la nuit. Selon Augustin Legrand, le porte-parole de l'association, la police les avait assurés qu'elle ne les délogerait pas dans la soirée ou dans la nuit. Lui-même avait indiqué qu'il dormirait sur les quais.

 


«Nous essayons encore un fois de rendre visibles (les mal-logés) et de faire comprendre aux Français que ce combat est leur combat», avait déclaré Augustin Legrand, qui entendait aussi «interpeller l'exécutif et le président de la République».


En début de soirée, les forces de police, très discrètes, stationnaient sur le quai des Tuileries et sur la passerelle de Solférino, empêchant d'autres personnes de rejoindre l'endroit où étaient installées les tentes. A 22h30, un escadron de gendarmes mobiles a finalement évacué le campement. Selon Christian Lambert, directeur de cabinet de la préfecture de police, il n'y a pas eu d'interpellation parce qu'il n'y a eu pas de violence. Selon lui toujours, les sans-abri ont tous refusé les propositions de relogement pour la nuit. A minuit, les derniers manifestants avaient quitté le quai des Tuileries.


D'autres tentes à Lyon, Strasbourg et Caen


L'association avait également installé vendredi une vingtaine de tentes dans le centre de Strasbourg ainsi qu'à Lyon et à Caen. A Strasbourg, les tentes ont été montées sur un quai dans le centre de la ville, avec l'autorisation de la préfecture. «C'est sûr qu'on reste jusqu'à dimanche. Après, on verra», a confié Renaud Engel, l'un des responsables alsaciens. A Lyon, c'est la place Bellecour dans le centre de la ville qui a été investie. 

Jeudi, les Enfants de Don Quichotte avait lancé «le temps du deuxième acte» de leur action destiné à attirer à nouveau l'attention des pouvoirs publics sur la question des mal-logés. Selon le quotidien Libération paru vendredi, ils avaient l'intention d'installer aussi des tentes à Toulouse, Marseille, Bordeaux, Montpellier, Grenoble, Avignon, Vannes et Mâcon. Mais peu de volontaires s'étaient, pour l'heure, inscrits dans ces villes.


Le campement du canal Saint-Martin a ébranlé la France


Le premier acte de leur action avait ébranlé la France entière jusqu'au plus haut niveau de l'Etat. Pendant l'hiver 2006-2007, les Enfants de Don Quichotte avaient installé des centaines de tentes le long du Canal Saint-Martin à Paris.  Des campements étaient nés par la suite dans plusieurs grandes villes de France incitant Jacques Chirac - dans les dernières semaines de son mandat - à faire voter une loi sur le droit au logement opposable, la fameuse loi Dalo.


Estimant que rien ou trop peu de choses ont changé depuis, l'association a mobilisé à nouveau ses comités d'action depuis plusieurs semaines dans le but d'installer des tentes sur les trottoirs pour rendre «visible l'invisible». Cette nouvelle mobilisation n'est pas une première. Le retour des tentes a déjà été plusieurs fois compromis par l'intervention des forces de l'ordre.



Source Leparisien.fr

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