Les salariés continuent d'enrichir les riches!!!

Publié le par Le Veilleur

Attention, ceci est un rapport d’utilité publique. Commandé par Nicolas Sarkozy au lendemain du sommet social du 18 février, il était censé débroussailler la question épineuse du partage entre salaires et profit dans l’économie française.


Après deux mois de travail, son auteur, Jean-Philippe Cotis, le patron de l’Insee est reçu ce matin à l’Elysée pour remettre ses 80 pages de rapport. Dans sa lettre de mission, le président de la République écrivait : «Au moment où notre pays, comme le reste du monde, traverse une crise économique d’une ampleur inédite, nous devons être capables de refonder notre modèle économique et social sur une éthique, celle du travail et d’un partage des richesses produits plus justes et efficaces.»


D’éthique et de modèle plus juste, il n’en est guère question, ici. En revanche, Cotis répond à beaucoup de questions brûlantes actuelles, et prend à contre-pied certaines idées reçues qui ont la vie dure à droite comme à gauche.


Mais, paradoxalement, le commanditaire lui-même du rapport, Nicolas Sarkozy, risque de faire les frais de ses principales conclusions. Ce dernier pensait y trouver quelques idées pour un éventuel projet de loi sur une «répartition plus juste des profits» à la fin juin. Il risque surtout de redonner du souffle, et de vrais arguments, à tous les partisans de l’abrogation du bouclier fiscal.

Le partage entre salaire et profit est stable depuis vingt ans

La première conclusion du rapport va probablement surprendre le néophyte en statistique macroéconomique. Contrairement à un sentiment largement répandu, le partage entre les salaires et les profits sont étonnement stable depuis la fin des années 80. Pire, avec l’effet de la crise, la part des salaires serait même en train de remonter en 2008. Et à une partie de la gauche qui conteste ce diagnostic en arguant que la part dévolue aux salaires a baissé d’environ dix points depuis la fin des années 70, le rapport écrit : «Il y a eu une stabilité parfaite entre 1987 et 2007, une forte baisse si on se réfère au point haut de 1982 (mais dont on admet généralement qu’il n’était pas un point d’équilibre), et une faible baisse si on se réfère à la période d’avant 1974, pour autant que la comparaison à des dates aussi éloignées puisse être pertinente.» Le plus étonnant dans ce résultat est que les économistes n’ont pas d’explications à cette stabilité française.«Cela reste un peu mystérieux», confesse Philippe Askenazy, de l’école d’économie de Paris. C’est d’autant plus surprenant que ce partage de la valeur ajoutée est très inégalitaire selon la taille et le secteur des entreprises. Mieux, pratiquement aucun pays développé ne suit le même profil de courbe que celle de la France (voir ci contre). Mais, pratiquement tous les pays se retrouvent dans la même situation en 2008, avec une part de la valeur ajoutée versée aux salaires légèrement inférieure à celle des années 60.

Des inégalités salariales de plus en plus fortes

La stabilité de la répartition entre salaires et profit cache des inégalités salariales très fortes. Le modèle français adopterait le profil de la courbe en J. Non seulement «la croissance des salaires nets depuis vingt ans est extrêmement faible», mais elle a été, en plus, particulièrement inégale. Ceux qui ont eu le privilège de voir leur salaire progresser plus que la moyenne sont aux deux extrémités de l’échelle. Les 10 % les moins payés ont profité (faiblement) du petit effet d’entraînement de la hausse du Smic, tandis que les très hauts salaires ont vu leur fiche de paye littéralement exploser. «La part de la masse salariale perçue par les 1 % les plus riches (soit environ 130 000 individus) s’est accrue d’un point en dix ans, passant de 5,5 % en 1996 à 6,5 % en 2006.» Par ailleurs, la montée du travail précaire, de l’intérim et du temps partiel, explique que la progression du salaire par tête est quasiment à l’arrêt.

La part des profits dévolus aux dividendes explose

Si la part de la valeur ajoutée consacrée au profit est stable depuis vingt ans, leur utilisation a, elle, connu de très fortes évolutions. Notamment à cause du désendettement des entreprises françaises depuis les années 80. «La charge d’intérêts s’est ainsi réduite, essentiellement au profit des versements de dividendes.» Encore une fois, ce constat cache d’énormes disparités notamment entre grandes entreprises et PME, puisque seules 16 % de ces dernières versent des dividendes.

Les partenaires sociaux voient midi à leur porte

Associées à Jean-Philippe Cotis, les organisations syndicales et patronales se sont retrouvées pour déclarer que le rapport était «utile» et «intéressant». Sur des sujets aussi explosifs, il faut y voir un véritable hommage. En revanche, en matière de conclusion, chacun tire la couverture à soi. Le Medef, qui veut absolument éviter toute négociation nationale sur le partage des profits et encore plus la perspective d’un texte de loi sur le sujet, insiste sur la stabilité de la répartition salaire-profit. Chez les syndicats, on est évidemment à front renversé. Solidaires insiste sur la montée en flèche des dividendes versées aux actionnaires. «Ce déplacement ne s’explique par aucune nécessité économique. Il résulte d’un choix social et politique visant à favoriser le capital et la rente plus que l’investissement contre le travail.» A la CFDT comme à la CFTC, on appelle le patronat et le gouvernement à «corriger les déséquilibres» générés par «la croissance des inégalités entre salariés». Et d’en appeler à «agir sur la fiscalité en abrogeant le bouclier fiscal et en créant de nouvelles tranches d’impôt sur le revenu pour le rendre plus progressif». Tout ce que Nicolas Sarkozy ne veut pas. A l’UMP on doit se mordre les doigts d’avoir commandé ce rapport…

Source Liberation.fr

Sarkozy est toujours tres prompte a sortir une loi quand ca l'arrange...Alors pourquoi pas encore de loi pour sa fameuse règle des Trois-Tiers !!! 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article