Elections Européenes : Une fois de plus c'est Sarkozy qui decide...

Publié le par Le Veilleur

Européennes : l'UMP a bouclé ses listes sous l'étroit contrôle de l'Elysée

L'accouchement s'est fait au forceps. Après trois mois de consultations des élus, d'auscultations des régions et d'échographies pratiquées à l'Elysée, l'UMP a enfin publié ses listes pour les élections européennes, jeudi 7 mai, un mois jour pour jour avant le scrutin. Il est le dernier des grands partis à dévoiler son casting, avec près de deux mois de retard sur le PS.


Prenant le contre-pied de Xavier Bertrand, le secrétaire général de l'UMP, qui, ces dernières semaines, avait fait croire à une stratégie délibérée, Jean-Claude Gaudin a reconnu "un long travail". "Ç'a été difficile !", a commenté le président de la commission d'investiture de l'UMP, avant de se raviser sur instruction de Xavier Bertrand qui lui a glissé à l'oreille : "Bon, pas plus difficile que d'habitude !"

La veille, les dirigeants de l'UMP étaient à l'Elysée pour d'ultimes arbitrages.

Obligation de la parité hommes-femmes, équilibre des régions, l'UMP a dû aussi compter avec les ambitions de ses alliés. Le Nouveau Centre est le mieux servi. Il exigeait trois places éligibles et les a obtenues. La Gauche moderne de Jean-Marie Bockel peut espérer deux élus si l'UMP réalise un score supérieur à 24 %. Il a obtenu la quatrième place en Ile-de-France pour Marielle Gallo, l'épouse de l'historien. Les progressistes d'Eric Besson et le Forum des républicains sociaux de Christine Boutin sont, eux, dans la figuration.


Le président de la République est le véritable ordonnateur de cette campagne. C'est lui qui a choisi le casting de l'Ile-de-France autour de Michel Barnier et Rachida Dati, lui encore qui a imposé Dominique Baudis dans le Sud-Ouest quand Alain Lamassoure pouvait légitimement briguer la première place. L'eurodéputé sortant aura finalement la troisième place.

Echec

Jean-Claude Gaudin l'a reconnu sans détours. "Nous sommes allés à l'Elysée hier lui présenter le schéma de nos listes. Il s'y intéresse. Vous croyez qu'Angela Merkel ne se demande pas qui, en Allemagne, ira siéger à Strasbourg. Ou que M. Berlusconi, même s'il a d'autres problèmes, ne s'intéresse pas aux Italiens qui vont siéger ?", s'est interrogé le sénateur et maire de Marseille.

Malgré son emprise sur le parti, le président de la République a échoué dans sa tentative d'imposer Luc Ferry en Ile-de-France. Le scénario obligeait à sacrifier le candidat du Nouveau Centre, Jean-Marie Cavada. L'UMP a bien proposé à l'ancien ministre de l'éducation nationale du gouvernement Raffarin une alternative dans le Sud-Est, derrière Françoise Grossetête ; mais l'intéressé a jugé qu'il n'avait pas à jouer le rôle de "beautiful people" en province ! Là encore, Jean-Claude Gaudin avait fait connaître son hostilité : "Les parachutages, on connaît. Sous Chirac, il y a cinq ans, on avait eu celui d'Ari Vatanen (pilote de rallye). Il n'a jamais siégé."


La place dans le Sud-Est revient finalement à Damien Abad, le président des Jeunes Centristes. Hervé Morin avait fait de ce jeune homme handicapé un symbole.

Source LeMonde.fr

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