Le grand Paris : Sarkozy pensent d'abord a ses anciens voisins

Publié le par Le Veilleur

La municipalité communiste de Seine-Saint-Denis, qui s'estime victime de discriminations sociales et urbaines, espère ainsi rappeler à Nicolas Sarkozy ses promesses, notamment en matière d'emploi et de sécurité.

La Courneuve n'a pas oublié les promesses en faveur de l'emploi, de la sécurité et de l'éducation, faites en juin 2005 par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur. Mardi, son maire PCF, Gilles Poux, a profité du 2e anniversaire de l'arrivée du président à l'Elysée, pour le rappeler d'une manière inédite : il a en effet annoncé qu'il allait porter plainte pour discriminations sociales et urbaines, devant la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde). C'est la première fois qu'une municipalité saisit la Halde.


Motif de cette plainte officiellement déposée mercredi ? «Nous considérons que La Courneuve fait partie de ces territoires qui ont été maltraités par les politiques publiques depuis un demi-siècle», explique Jean-Luc Vienne, directeur de cabinet du maire.

La ville de 37.000 habitants s'estime victime de trois grands types de rupture, à commencer par une «rupture urbaine». Selon la mairie, l'implantation de la Cité des 4.000 dans le début des années 60 et gérée jusqu'en 1984 par les HLM de Paris, répondait aussi à une volonté de ne pas loger un certain nombre de familles dont la capitale «ne voulait pas», en en faisant ainsi un «territoire de relégation».


La Courneuve, où le revenu imposable mensuel moyen était en 2005 de 875 euros, estime également avoir subi une «rupture au niveau des infrastructures», à cause des deux autoroutes (A1 et A86) qui la coupent en 2 et qui empêchent ses habitants d'accéder au parc départemental, considéré comme le poumon vert de la ville. De même, dénonce Jean-Luc Vienne, «il a fallu 25 ans pour connecter les grands ensembles à une gare de RER».

 

150 maires sollicités

 

Selon la mairie, Nicolas Sarkozy a récemment promis dans son discours sur le Grand Paris d'enfouir la RN 13 qui coupe son fief électoral de Neuilly-sur-Seine, dans les Hauts-de-Seine, pour un coût d'1,5 milliard d'euros. Or, «ce n'est pas la priorité de mettre de l'argent de ce côté de la banlieue», argue Gilles Poux en opposant l'ouest prospère à l'est moins doté.


Enfin troisième et dernière rupture, «économique et sociale». «Ici, rappelle Jean-Luc Vienne, il y a un tiers d'étrangers, et nous en sommes fiers. Mais on peut se demander s'il n'y a pas une volonté, notamment des pouvoirs publics et de la mairie de Paris, de sectoriser les étrangers».
 

Gilles Poux déplore notamment que sa ville soit vue comme «une ville d'exclusion urbaine, de cités ghettos, de ségrégation». Et de résumer : «en somme aux portes de Paris les parias urbains.»


La Courneuve prend donc le pari de voir si la Halde étudiera et instruira sa plainte. Si tel est le cas, des juristes et des sociologues seront dépêchés pour vérifier sur place ce qu'avance la municipalité.


Dans tous les cas, le maire Gilles Poux ne compte pas en rester là : dès mercredi, il enverra un courrier à quelque 250 villes - toutes celles de Seine-Saint-Denis et d'autres villes de plus de 30.000 habitants «repérées», comme Meaux ou Vaulx-en-Velin pour leur expliquer cette démarche et les «inciter à faire de même».

Source LeFigaro.fr

Fidele a lui meme : Les amis d'abord!!!

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